L'histoire du gore (1ère partie)

L'histoire du gore (1ère partie)
Le gore : Définition

Le mot n'existe pas en français et est emprunté à la langue anglaise, du nom commun "gore" (sang) ou encore du verbe "to gore" (éventrer d'un coup de corne).
En termes cinématographiques, le mot gore renvoie à des films du cinéma d'horreur, où les mutilations diverses et variées (l'imagination des scénaristes, secondée de celle des superviseurs de SFX, est sans limite !) sont montrées dans toutes leur splendeur, sans censure, en général en gros plans, le but étant de dégoûter le plus de spectateurs possibles (et pourquoi pas les charmer aussi, pour peu qu'ils apprécient ce genre de spectacle). On peut donc étendre cette appellation à tout plan explicite, généreux en tripailles, sans pour autant que le film appartienne à l'horreur pure.

Un quizz sur le cinéma gore : QUIZZ I
# Posté le lundi 01 mai 2006 08:38
Modifié le dimanche 10 février 2008 10:13

L'histoire du gore (2ème partie)

L'histoire du gore (2ème partie)
Avant le cinéma, le théâtre du Grand Guignol


Le théâtre du Grand Guignol est le nom d'un établissement parisien ayant horrifié le peuple pendant soixante longues années. Le théâtre fut fondé en 1897 par Oscar Metenier (1871-1942). Une soirée typique au Grand Guignol se composait de 5 ou 6 petites représentations, aux sujets souvent provocateurs et suffisamment choquants pour attirer les foules en mal de sensations fortes, le répertoire s'étendant du drame criminel à suspens à des histoires de sexe. La renommée du théâtre reposait surtout sur ses pièces d'horreur et de terreur, avec décapitations, démembrements, énucléations, gorges tranchées, jets d'acide et autres joyeusetés du même tonneau ; gerbes de sang arrosant le public comprises. Au fil des ans, la direction changea. Robert Hossein lui-même fut à la tête du théâtre! Sa réputation ne s'en trouva pas pour autant atténuée, bien au contraire, et il devint l'une des principales attractions touristiques de Paris. Au début des années 60, cependant, la formule sembla lasser le public, et en 1962, le théâtre ferma définitivement ses portes, l'année où BLOOD FEAST de Herschell Gordon Lewis, premier film gore de l'histoire du cinéma, sortit sur les écrans. Une belle reprise.
# Posté le lundi 01 mai 2006 09:01
Modifié le vendredi 12 mai 2006 15:29

L'histoire du gore (3ème partie)

L'histoire du gore (3ème partie)
Au commencement...

C'est le Français George Méliès qui dès le début du cinéma utilise des effets sanglants comme dans LE SUICIDE DU COLONEL HENRY de 1899 où l'on voit la chemise d'un officier couverte de sang. Un peu plus tard, David Griffith, dans INTOLERANCE de 1916, filmera la perforation d'un torse par une lance.
Mais la première scène vraiment gore, on la doit à Luis Bunuel qui, dans UN CHIEN ANDALOU de 1928, montre un ½il en gros plan se faire découper par une lame de rasoir! Un vrai choc, encore aujourd'hui !

Et puis plus rien, le cinéma n'ose plus montrer le sang. Est-ce la fin du gore ?
# Posté le lundi 01 mai 2006 09:16
Modifié le dimanche 09 décembre 2007 08:08

L'histoire du gore (4ème partie, chapitre final)

L'histoire du gore (4ème partie, chapitre final)
Les années 40 et 50, une petite pause...


C'est en Angleterre que le gore refait son apparition à la fin des années 50. A cette époque, la Hammer Films décide de réactualiser les films de monstres des années 30 de la Universal. En 57, Terence Fisher tourne FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE ! et n'hésite pas à montrer des mains coupées, une cervelle prélevée sur un homme... La vague est lancée.
Les productions suivantes continueront de jouer la carte sanglante notamment avec LE CAUCHEMAR DE DRACULA de 1958 où enfin, on voit les filets de sang s'échapper du cou des victimes du célèbre vampire.
L'Italie prend la relève avec Mario Bava et LE MASQUE DU DEMON de 1960 où dès la scène d'introduction, le sang, bien que filmé en noir et blanc, gicle sur le visage de la sorcière sur lequel on vient de clouer un masque de fer.
En France aussi, un film, également en noir et blanc, joue la carte du gore. LES YEUX SANS VISAGE de 1959 de Franju montre une opération chirurgicale pendant laquelle le médecin ôte le visage de sa victime, le tout en gros plan, après en avoir découpé le contours au scalpel. Le film sera pompé par tout le monde et n'importe qui mais il faut admettre que ce film reste un chef d'oeuvre du cinéma français.
# Posté le lundi 01 mai 2006 09:31
Modifié le dimanche 18 mai 2008 10:15

L'histoire du gore (5ème partie, la résurection)

L'histoire du gore (5ème partie, la résurection)
BlOOD FEAST, le premier du nom, de 1962

C'est à cette date en effet que surgit d'Amérique le premier film gore de l'histoire du cinéma : BLODD FEAST d'Herschell Gordon Lewis, ancien professeur d'anglais. Un véritable ovni cinématographique, personne n'avait jamais rien vu d'aussi sanglant auparavant. Rien ne nous est épargné : tête "scalpée", langue arrachée à la main, amputations, arrachage de c½ur, le sang coule à flots dans une belle couleur "orange"! La réalisation est mauvaise, les acteurs ne recevront jamais d'Oscars mais BLOOD FEAST remporte un énorme succès, les drive-in sont pleins à craquer : le film gore est lancé!

Sentant le bon filon, Lewis ne s'arrête pas là et signe 2000 MANIACS (1964), COLOR ME BLOOD RED(1965), A TASTE OF BLOOD et GRUESOME TWOSOME (1967) et SHE-DEVILS ON WHEELS (1968), suivis de deux autres films dans la décennie suivante : THE WIZARD OF GORE (1970) et GORE GORE GIRLS (1972), avant que le monsieur ne prenne sa retraite... jusqu'en 2002, date à laquelle il réalise BLOOD FEAST 2 : ALL U CAN EAT.
Cependant, le travail de Lewis donne des sueurs froides aux censeurs. Ces derniers le jugent décadent, obscène et tout simplement horrible, le condamnant à ne pas être distribué via les circuits traditionnels, sous peine de coupures sévères. Le père du cinéma gore n'a donc pas d'autres choix que de distribuer ses films lui-même. Il crée pour cela sa propre salle de cinéma pour les diffuser ainsi que d'autres ½uvres dans le même ton, tous dignes héritiers du Grand Guignol.
# Posté le lundi 01 mai 2006 09:41
Modifié le vendredi 01 février 2008 08:08